Accueil ,,,,,; Me contacter,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,;Dernière mise à jour le 03 février 2011


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Lycée Jean Vigo de Millau 2010/2011, Aveyron
Le site personnel de Jean Claude Fulcrand, professeur de français

 

Concours Quiros 2006

Voici le texte gagnant du concours où il s'agissait d'écrire une histoire qui raconterait la 1ère rencontre entre Quiros et les habitants de l'île qui allait devenir Espiritu Santo.

Ce concours était organisé par le Conseil européen, l'Ambassade de France, L'Alliance française, et la High Commission australienne pour commémorer le 400ème anniversaire de la venue de Quiros au Vanuatu, ex Nouvelles Hébrides.

 

L'arrivée des premiers colons sur la terre Australe d'Espiritu Santo

                    Par un beau matin, en pleine saison des récoltes, je me réveille dans notre hutte familiale, construite en bambous tressés et en feuilles de natangura. On peut encore très bien sentir la fraîcheur âpre, matinale de toute cette nature verdoyante qui nous entoure. Je me dirige vers la plage avec l'idée de ramasser des coquillages, étant donné que la marée est basse. Un grand brouillard s'est abattu sur le littoral.

                   Soudain, une grande bourrasque de vent balaie cet énorme rideau blanc et à ma grande surprise, j'aperçois trois gigantesques pirogues à voiles étranges qui s'avancent vers l'île. Je me sens instantanément pris d'un tel sentiment de frayeur que mon premier réflexe est d'avertir mon père sans plus attendre. Ces gigantesques barques inconnues n'ont aucun point commun avec celles que nous fabriquons. Chacune d'elles a une hauteur qui dépasse même les cocotiers. Elles se propulsent grâce au vent et ont de grandes voiles comme les nattes que confectionnent nos mères pour nos pirogues. Ce qui est surprenant est qu'elles gonflent quand le vent souffle.  On peut apercevoir un bon nombre de gens qui courent et montent sur des cordes attachées aux voiles. Je vois également  que leurs pirogues ont beaucoup de trous.

Arrivé à l'intérieur de notre case, je secoue mon père et  lui annonce :

« Papa, papa ! Il y a de grandes pirogues étranges dans la baie.

_ Quoi ! Mais qu'est-ce que tu me dis là ? » Demande mon père, abasourdi.

_  Je te jure, papa, c'est la vérité. Tu peux venir le constater par toi-même.

_ Bon dépêchons-nous d'aller avertir le grand chef. »

         Nous courons chez l'Homme du village et mon père informe ses gardes qui se tiennent  autour de la grande caserne de la situation.

   Tout le village se réveille au son inhabituel des percussions du tamtam et accourt vers la plage. Je me rappelle que le vieux sage du village nous avait prédit qu'un jour, notre Dieu des récoltes viendrait pour nous donner prospérité, paix et victoire. 

 Je sens monter en moi cette immense joie car après tous ces siècles passés à l'attendre, le voilà finalement qui va faire son apparition.

         Des hommes blancs débarquent de leurs pirogues et sautent dans de petits canots puis rament vers nous. L'un de ces inconnus, sans doute leur chef, se met debout, dans sa petite embarcation, guidant le rythme des rames. Ce qui nous interpelle est qu'il est vêtu d'une sorte de couverture plus ou moins semblable à celle que le chef porte pendant les grandes occasions comme lors de ses mariages ou des rencontres entre lui et les chefs des tribus voisines. Il porte un grand collier blanc autour du cou et un chapeau sur la tête. Dans sa main gauche, il tient une canne. Les insulaires l'encouragent à accoster.

         Arrivé sur le rivage, il descend avec ses hommes de son embarcation et se dirige vers notre Chef. Je me fraie un chemin à travers cette foule tumultueuse, tentant de m'approcher le plus possible de ces grands Hommes. Le patriarche de notre village s'incline devant l'étranger et lui dit :

    « Bienvenue, Grand Homme, que votre présence ici soit signe de prospérité, de victoire et de paix. Votre arrivée dans notre village était attendue depuis la nuit des temps.»

Le chef des étrangers répond avec des gestes et dans une langue inconnue. Ce langage me paraît très surprenant. Apparemment, il veut  nous faire savoir qu'il souhaite manger, lui et ses gardes. Le Chef aussitôt se retourne et déclare :

   « Notre invité a faim, il faut le rassasier, lui et ses hommes. Portez-le jusqu'au nakamal. Vous, les enfants, pendant ce temps, allez chercher dans nos réserves des légumes, des tubercules et des plantains. Rassemblez aussi des cochons en signe de respect et de bienvenue.

Nous nous dépêchons d'obéir à ses ordres. Tout le monde est fier de l'arrivée de notre invité et est comblé car nous savons que nos récoltes vont produire en abondance. 

Au bout de quelques minutes, je m'avance avec mes camarades vers Quiros, en tenant mon panier à bout de bras, la tête baissée, n'osant pas lever les yeux vers lui.

Mais quelque chose me dit que certainement d'autres choses se cachent derrière toute cette agitation. La question que je me pose c'est pourquoi si ils sont vraiment nos seigneurs, ils ne parlent pas notre langue.

Au moment de me retourner, Quiros m'arrête et me demande quelque chose, ses gestes me laissent penser qu'il veut savoir comment je m'appelle. Je lui réponds en souriant avant de m'en aller « Santo ».  

 Floriane Lawac, Paul Pio et la classe de 3ème 2 du Lycée Français de Port Vila

                                                                                             

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   
© JC Fulcrand, 2006