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Lycée Jean Vigo de Millau 2010/2011, Aveyron
Le site personnel de Jean Claude Fulcrand, professeur de français

 

Les chansons de la Renaissance :


L'anonymat est le plus courant pour les textes du moins jusqu'à la moitié du XVIème siècle. C'est à partir de cette époque que quelques éditeurs se décident à indiquer le nom de l'auteur pour mieux vendre les recueils. Même François Ier se voit être poète à ses heures.

Voici quelques unes des ses oeuvres :

Dites oui, ma dame et ma maîtresse,
Pour soutenir ma languissante vie,
Jusques au jour propice à mon envie ;
Puis, s'il vous plaît, faillez-moi de promesse.
J'aime trop mieux servir une traîtresse
Disant oui, plein de vaine espérance,
Que de tomber en fâcheuse tristesse
Par un nenni, voisin de jouissance.
Dites oui, ma dame et ma maîtresse
(François 1er)



Ô douce amour, ô contente pensée,
Qui me rend sûr, certain et satisfait ;
Comme ma peine est bien récompensée
Quand chacun doute, et j'ai le bien parfait !
Je vois l'ouvrage a plusieurs imparfait,
Mais j'ai le mien plus mien que mon désir :
Car mon amour me donne par effet
Savoir, devoir, fermeté et plaisir.
Ô douce amour, ô contente pensée
(François 1er)

La sœur du souverain, Marguerite de Navarre - écrivain - a elle aussi exercé ses talents de poète. En voici un extrait.

Amour, rempli de pitié et de zèle,
D'Amour mourant toucha la légère aile.
En l'arrachant du corps trop tendre et beau,
La trousse prit, et ses traits avec elle,
L'arc impiteux et la corde cruelle,
Aussi l'épais et ignorant bandeau ;
Le tout il mit en un feu si nouveau
Que leur chaleur il convertit en glace ;
Sans oublier de Vénus le flambeau,
Dont ce Saint Feu toute mémoire efface.
Amour, rempli de pitié et de zèle
(Marguerite de Navarre)

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   
© JC Fulcrand, 2006