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La tragédie est une oeuvre théâtrale
lyrique dont l’origine remonte au théâtre grec.
Elle s’oppose à la comédie par son sujet noble,
grave et par son dénouement malheureux, de plus, au temps
de la Grèce antique, on l’opposait au drame satirique.
Etymologiquement, le terme « tragédie » signifie
littéralement « chant du bouc », mais le sens
n’est pas clair (bouc essentiellement asssocié à
Dionysos).
1) Les origines : La tragédie grecque
a)Une origine sacrée :
- La tragédie nait au Vème siècle avant J.-C.
dans la Grèce antique.
Lors des fêtes dédiées à Dionysos, on
donnait des représentations théâtrales.
- Les tragédies grecques étaient alors de véritables
cérémonies, à la fois religieuses et civiques,
et tous les citoyens y assistaient gratuitement.
b) La tragédie selon Aristote :
Dans La Poétique, Aristote définit la tragédie
comme « l’imitation d’une action de caractère
élevé et complète(...) dans un langage relevé
d’assaisonnements(...), imitation qui est faite par des personnages
en action,(....) et qui, suscitant pitié et crainte, opère
la purgation propre à pareilles émotions représentant
la terreur et la pitié(...) »
c) Une pièce récitée
et chantée :
- La tragédie met en scène des acteurs portant des
masques expressifs et des costumes imposants (Chaque comédien
interprète plusieurs rôles) ainsi qu’un choeur
de douze à quinze personnes conduit par un chef de coeur,
le choryphée.
- La pièce est écrite en vers et l’action fait
alterner les parties lyriques chantées et des parties récitées,
dialoguées (à la manière d’un opéra).
2) Les caractéristiques
de la tragédie classique
La tragédie renaît au XVIIe siècle pour
connaître son apogée.
a) Des gens célébres :
La tragédie met en scène des personnages ilustres
et de rang élevé. La tragédie se situe dans
des temps reculés ou mythiques, dans l’Antiquité
grecque ou romaine ( Horace de Corneille 1640), à
l’époque biblique (Esther de Corneille 1689).
b) Des personnages héroïques
:
Les personnages tragiques prouvent leur héroïsme dans
un combat contre la fatalité. Placés devant des choix
difficiles (le dilemme tragique), ces héros ne peuvent éviter
un dénouement malheureux. Lorsque le dénouement est
heureux, on parle de tragicomédie ( Le Cid de Corneille,
1637).
c) Un style élevé :
Au XVIIe siècle, la tragédie est écrite en
alexandrins, dans un style élevé. Elle présente
une action en cinq actes. L‘action respecte la règle
des trois unités. Les registres priviligiés sont le
tragique et le pathétique. La gravité et la tension
n’empêchent pas l’ironie tragique.
3) Fonctions de la tragédie
Comme la comédie, la tragédie a un double
objectif : plaire et instruire (placere et docere), mais avec d’autres
moyens.
a) Crainte et pitié :
La tragédie suscite, selon Aristote, « la pitié
et la crainte », la crainte pour soi-même, la pitié
pour autrui. Paradoxalement, ces sentiments sont source de plaisir.
b) Une fonction morale :
La tragédie a aussi une fonction morale. S’identifiant
au héros, le spectateur éprouve, en même temps
qu’il les rejette, des passions génératrices
de souffrance : c’est ce qu’on apelle la Carthasis (ou
purgation de passions).
4) La règle des 3 unités
Boileau résume ces contraintes dans
ce vers :
Qu'en un jour, qu'en un lieu, un seul fait accompli
Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli.
Unité de temps
L’action ne doit pas dépasser une « révolution
de soleil » (Aristote, de 12 à 30 heures)
Unité de lieu
Toute l'action doit se dérouler dans un même lieu (un
décor de palais pour une tragédie)
Unité d'action
Tous les événements doivent être liés
et nécessaires. Une intrigue principale doit avoir lieu du
début à la fin de la pièce. Les actions accessoires
doivent contribuer à l’action principale. L'œuvre
ne doit donc contenir qu'une seule intrigue majeure.
Ludovic Lew 2006
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