Accueil ,,,,,; Me contacter,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,;Dernière mise à jour le 03 février 2011


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Lycée Jean Vigo de Millau 2010/2011, Aveyron
Le site personnel de Jean Claude Fulcrand, professeur de français

Fiche méthode 

Les points de vue narratifs

On distingue trois types de points de vue :

Le point de vue omniscient

Le narrateur sait tout. Il connaît non seulement le passé, les sentiments et les pensées des personnages mais révèle parfois leur avenir. Il peut aussi dévoiler ce qu’ils ignorent eux-mêmes. Dans le récit il ordonne ces informations afin de produire divers effets sur le lecteur.
Dans le roman on utilise beaucoup ce mode de vision pour créer une illusion  
réaliste forte.

EXEMPLE :
« En secouant la tête, elle caressa le visage défait de Dolfi.
Le garçon leva les yeux, reconnaissant, il essaya de sourire, et une sorte de lumière  éclaira un bref instant son visage pâle. Il y avait toujours l’amère solitude d’une créature fragile, innocente, humiliée, sans défense; le désir désespéré d’un peu de consolation ; un sentiment pur, douloureux et très beau qu’il était impossible de définir. Pendant un instant – et ce fut la dernière fois – il fut un petit garçon doux, tendre et malheureux, qui ne comprenait pas et demandait au monde environnant un peu de bonté. »

« Pauvre petit garçon » Dino BUZZATI, Le K, 1966

Le narrateur connaît les sentiments et les pensées de Dolfi mais nous donne aussi des informations sur son comportement à l’avenir. Après cet instant Dolfi ne sera plus un petit garçon doux. Le narrateur nous révèle en même temps quelque chose que Dolfi ignore lui-même.

Le point de vue interne

Le narrateur perçoit la scène à travers un personnage. Ce qu’il connaît de l’histoire se limite à ce que celui-ci voit, entend ou sent. Il est au courant du passé, du présent du personnage, il entre parfois dans sa conscience.

EXEMPLE :
« J’ai réussi, non sans mal, à devenir « l’ami de la famille ». Irène m’invita à prendre le thé un dimanche et me présenta le fameux Georges.
Un des plus mauvais après-midi de mon existence. Jamais je n’ai eu autant l’impression de ne pas exister. Dés cette visite, j’ai compris qu’un tel amour ne pouvait laisser de place pour aucun autre et que, de Georges et de moi, l’un était de trop. Il aurait été beau encore ! Mais il était laid – une espèce d’avorton à moitié chauve – et son caractère semblait aussi malgracieux que son apparence. Tel était celui qui empêchait Irène de rechercher un homme capable de lui apporter un amour sérieux. Un homme qui, lui au moins, l’épouserait.
Moi. »
« Iceberg »
Fred KAZZAK, Qui a peur d’Ed Garpo?
Série noire n°2241, Champs-Élysées, 1995.

Pour tromper le lecteur sur l’identité réelle de Georges,  le narrateur rapporte le point de vue de « l’ami de la famille » donc on ne se préoccupe pas de l’opinion de Georges ni d’Irène. On vit les scènes à travers ce seul personnage qui avance ses arguments, ses critiques afin d’influencer notre compréhension du texte. Il n’y a aucune information objective sur Georges et Irène.

Le point de vue externe

Le narrateur raconte l’histoire en restant un simple observateur. Il ne nous apporte que des informations sur le comportement extérieur des personnages donc ne nous transmet pas leurs pensées.
Ce procédé est notamment utilisé dans le roman policier moderne (roman noir d’origine américaine) et par certains auteurs du « nouveau roman » français.

EXEMPLE :
« L’homme eut un sourire cauteleux qui découvrit ses longues dents jaunes, fouilla dans sa musette et, prenant une grande boîte en fer blanc, la rapprocha de sa figure.
« Poison », chuchota-t-il, guignant par-dessus la boîte. Il prononçait « Pouézon » au lieu de poison, et chargeait le mot de douceur et de mystère.
 « Pouézon mortel, voilà c’que c’est. »
Tout en parlant, il soupesait la boîte.
« Y a de quoi tuer un million de gens là-d’dans ». »
« Le chien de Claude » ROALD DAHL, Bizarre ! Bizarre !

Dans cette scène on ne connaît ni les pensées ni les sentiments de l’homme. Le narrateur ne nous décrit que son apparence physique et son comportement extérieur, il ne nous permet pas d’en savoir plus sur ce personnage.

L'alternance des points de vue :

Dans un même récit on peut alterner différents points de vue.

Dans un récit à la 3ème personne, le point de vue ou la perception (focalisation) selon laquelle l’auteur organise l’histoire définit la nature et la quantité des informations données.
La focalisation correspond à celui qui voit.

Focalisation externe : C’est un narrateur témoin, il est là en simple observateur.
Focalisation interne : Le narrateur nous rapporte les faits à travers le regard d’un personnage.
Focalisation zéro : Le narrateur est omniscient. Il sait tout, il voit tout.

                                                                                     Anne Guyader, 2nde 2007

 

 

 


 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   
© JC Fulcrand, 2006