Accueil ,,,,,; Me contacter,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,;Dernière mise à jour le 03 février 2011


Site optimisé pour
Firefox 3.0

 



 

 

 

 

Lycée Jean Vigo de Millau 2010/2011, Aveyron
Le site personnel de Jean Claude Fulcrand, professeur de français

Thème 1 pour la session 2009 : Le détour


Problématique

À l’heure des autoroutes, des TGV, des GPS, et d’Internet, le détour est vécu comme une perte de temps insupportable. Aller droit au but semble être une règle, une norme admise par tous. Pourtant, le détour est une modalité du voyage, de l’action, du raisonnement, du discours. Le détour, même au risque des pertes qu’il peut engendrer, apprend et enrichit. Il peut être un art de vivre.

Déplacement : Notre société a vu l’avènement du transport rapide, efficace, organisé. Et pourtant, jamais les touristes n’ont autant privilégié la lenteur et les chemins de traverse (randonnées, croisières, vacances en roulottes ...) ni opté pour le détour de l’itinéraire bis et les découvertes qu’il permet.


Action : Notre société valorise, de même, le fait d’aller droit au but, et pour cela fait de la planification une des clés de la réussite. Pourtant, la stratégie (jeux de stratégie, tactique militaire, diplomatie, stratégie économique) repose souvent sur le détour, la feinte, l’esquive ; la réussite dépend aussi de l’ingéniosité et de la liberté de pensée.

Raisonnement : Notre société retient le plus souvent la phrase et l’image choc, la synthèse, le résumé, la conclusion qui laisse dans l’ombre le cheminement intellectuel. Pourtant la recherche scientifique, la démarche pédagogique, la réflexion philosophique se fondent toujours sur les détours du raisonnement par essais et corrections, associations, analogies, tâtonnements, explorations, laissant place à l’errance et à l’erreur.

Discours : À l’heure du mythe d’une communication immédiate et transparente, la société contraint toujours à des détours de langage (politesse, négociation, diplomatie), elle cultive l’argumentation indirecte (publicité, discours de séduction), elle continue à s’exprimer par les formes artistiques qui disent le monde de façon détournée. Tout discours est médiation.
Du déplacement d’un point à un autre au voyage par les chemins de traverse, de la digression à l’enrichissement de la réflexion, de la solution immédiate au cheminement de la pensée, du choix de la ligne droite à l’acceptation du tâtonnement, d’une communication directe et efficace au langage des codes sociaux, de la diplomatie, de l’art, le détour n’est-il pas une modalité essentielle de la construction de soi et du comportement humain ?


Indications bibliographiques

Littérature
Bouvier, “L’usage du monde”
Butor, “La Modification”
Cendrars, “Prose du transsibérien et de la petite Jeanne de France”
Diderot, “Jacques le Fataliste”
Dumas, “Le Comte de Monte-Cristo”, en particulier, chapitre CXIII
Juliet, “Lambeaux”, “L’inattendu”
Homère, “Odyssée”
Kerouac, “Sur la route”
Kundera, “La lenteur”
Laclos, “Les Liaisons dangereuses”
La Fontaine, “Fables”, en particulier “Les deux pigeons”, “Le lièvre et la tortue”, “Le pouvoir des Fables”
Melville, “Moby Dick”
Modiano, “Rue des boutiques obscures”
Montaigne, “Essai”, par exemple I, 23 ; I, 26 ; I, 50
Montesquieu, “Lettres persanes”
Platon, un dialogue philosophique (par exemple, “Criton”, “République” livre II)
Rousseau, “Les Rêveries du promeneur solitaire”, par exemple deuxième et sixième promenade
Contes proposant un parcours initiatique, en particulier Ch. Perrault, “Les Contes”, “Le Petit Chaperon Rouge”, “Griselidis”
Paraboles évangéliques
Roman policier privilégiant le détour comme construction du récit, par exemple, Th. Jonquet, “La bête et la belle”, P. Bayard, “Qui a tué Roger Ackroyd ?”
Théâtre : comédies et tragédies mettant en jeu les détours du langage : “Phèdre”, scène de l’aveu, “Les Femmes savantes”, acte I, scène 4, “Le Misanthrope”, acte I, acte IV, scène 3, “Le Jeu de l’amour et du hasard”, “Cyrano de Bergerac” (scène de la déclaration)

Essais
Astolfi (J. P.), “L’erreur, un outil pour enseigner”, ESF, 1997
Barthes, “Fragments d’un discours amoureux”, 1977
Cailleux, Nodier, Taylor, “Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France” (premier guide touristique français)
Caillois, Masson, “Bellone ou la pente de la guerre”, particulièrement 1ère partie, “La guerre et le développement de l’État”, 1963
Chaliand (G.), “Anthologie mondiale de la stratégie”, collection Bouquins, 2001
Deleuze (G.) et Guattari (F.), “Mille plateaux”, en particulier “Rhizome”, 1980
Gould (Stephen Jay), “Darwin et les grandes énigmes de la vie” (Points Sciences 1984), en particulier “Prologue” (p. 9-15) et première partie, “La saga de Darwin” (p. 19-46)
Gould (St. J.), “Les quatre antilopes de l’Apocalypse” (le détour comme principe d’écriture de l’essai, p. 13-15, Seuil, 2000)
Roche (D.), “Humeurs vagabondes. De la circulation des hommes et de l’utilité des voyages”, 2003
Anthologies du voyage, collection Bouquins (Italies, “Le Voyage en Égypte, Le Voyage en Russie”...)
“La Vitesse”, ouvrage collectif (Baudrillard, Virilio...), Flammarion/Fondation Cartier, 1991


Films, documents iconographiques, bandes dessinées
“Alice dans les villes”, W. Wenders, 1974
“Aprile”, N. Moretti, 1998
“Babel”, Inarritu, 2006
“De l’autre côté”, F. Akin, 2007
“L’Esquive”, A. Kechiche, 2004
“L’homme sans passé”, A. Kaurismaki, 2002
“Little Miss Sunshine”, J. Dayton et V. Faris, 2006
“My Blueberry nights”, Wong Kar Wai, 2007
“Saint Germain ou la négociation”, texte de Francis Walder (prix Goncourt 1958) et DVD, téléfilm de Gérard Corbiau, 2003
“Stalker”, Tarkovski, 1979
“Western”, M. Poirier, 1997
Séries télévisées policières, par exemple Colombo (R. Levinson et W. Link, 1968-2003)
Arcimboldo, œuvres, par exemple : “Hiver ; Printemps, Été ; Automne” (Musée du Louvre)
Escher, œuvres, par exemple : “Belveder ; House of stairs ; Relativity ; Up and down” (site http://www.mcescher.com)
Pignon Ernest (E), interventions artistiques dans les villes, par exemple : “Naples I, II, III, IV” (1988-1995)
Serra (R.), “La matière du temps”, Musée Guggenheim de Bilbao

Sites
Association Déroutes et détours (publication d’une revue en ligne et de carnets de voyage
littéraires ou non) http://www.deroutes.com/
Carnets de voyage rédigés par des internautes globe-trotters http://www.odyssees.net/
Fédération Française de randonnée pédestre http://www.ffrandonnee.fr
Guide du routard http://www.routard.com/ mag_dossiers
Institut Curie http://www.curie.fr/fondation/ musee (biographie de Pierre et Marie Curie, histoire de leurs découvertes)
http://education.france5.fr/ (les découvertes de Pierre et Marie Curie commentées par Pierre Gilles De Gennes)
http://fr.wikisource.org/ (20 avril 1995)
Muller (Fr.), sur la pensée par le détour, http://francois.muller.free.fr/
Tomkiewicz (S.), directeur de recherche à l’INSERM, sur la pédagogie du détour,
http://www.iufm.unice.fr/application/spip/IMG/pedagogie-detour.pdf

Mots clés

Domaine du voyage : déplacement, cheminement, errance, tours et détours, labyrinthe
Domaine du langage quotidien : en cours de route, vaut le détour, chemin de traverse, école buissonnière, aller droit au but, par monts et par vaux, tous les chemins mènent à Rome, tourner autour du pot, tirer des bords, itinéraire bis
Domaine de la temporalité : gain de temps, perte de temps, rapidité, rythme, vitesse, lenteur
Domaine de la pensée : rigueur, rectitude, cheminement, expérience, contournement, détour théorique, analogie, recherche, hasard
Domaine du discours : périphrase, ellipse, métaphore, digression, non-dit, langage de séduction, codes sociaux, langage diplomatique
Domaine de l’action : orientation, stratégie, jeux de stratégie, négociation, technologies de l’information et de la communication
Domaine de la réflexion philosophique : aléas, déterminisme, hasard, imprévu, liberté, programmation, prédestination

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   
© JC Fulcrand, 2006